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Animaux symboles : d’où vient le sens qu’on leur prête

Par Ma-Broche.fr· 26 octobre 2026
Animaux symboles : d’où vient le sens qu’on leur prête

Un chat qui porte bonheur au Royaume-Uni et malheur ailleurs, un chien qui attend dix ans, une chouette savante : d’où vient la symbolique des animaux, entre faits et croyances.

Imaginez : une amie ouvre un petit paquet, découvre une broche chat et sourit. « Ça porte bonheur, non ? » Au Royaume-Uni, on lui répondrait souvent oui. Dans l’Europe du Moyen Âge, le chat noir faisait plutôt penser aux sorcières. Le même animal, deux messages opposés.

La symbolique des animaux, c’est le sens qu’une culture prête à une bête. Il naît de ce que l’on observe, de ce que l’on raconte et de ce que l’on fabrique : c’est pourquoi il change d’un pays à l’autre et d’un siècle à l’autre. Remontons à ces sources, puis faisons le tour des animaux que l’on aime porter.

Trois sources pour un même symbole

Statuette de chat blanc à la patte avant levée, posée sur un comptoir de bois clair parmi des pièces
Le récit a donné l'objet, et l'objet est devenu une habitude.

Avant de chercher le sens d’un animal, demandez-vous d’où il vient. Trois tiroirs aident à y voir clair :

  • l’observation : un comportement frappe les esprits, comme la mue du serpent, la lenteur de la tortue ou la vigilance d’un chien de garde ;
  • le récit : un mythe, un texte sacré ou une fable attache une histoire à la bête, et l’histoire finit par lui coller à la peau ;
  • l’usage : une amulette, une statuette ou un porte-bonheur fixe ce sens dans la vie de tous les jours.

Le maneki-neko japonais réunit les trois. Son nom veut dire « chat qui invite ». Une légende de l’époque d’Edo le rattache au temple Gotoku-ji, à Tokyo, et la statuette à la patte levée est devenue un objet de chance. Nous racontons son histoire en détail dans notre article sur le chat porte-bonheur. Le récit a donné l’objet, et l’objet est devenu une habitude : le symbole tient solidement.

Au Moyen Âge, chaque bête est une leçon

Tableau encadré : lion doré et oiseau orange sur fond parchemin, accroché au-dessus d’une table en bois
Dans les bestiaires, chaque bête portait une leçon.

Le Physiologus, ancêtre des bestiaires

Pour comprendre notre façon de « lire » les animaux en Europe, il faut remonter à un petit livre écrit en grec : le Physiologus. Il aurait été composé en Égypte, probablement dans la région d’Alexandrie, entre le IIe et le IVe siècle. Il compte 48 ou 49 chapitres, chacun consacré à un animal, réel ou imaginaire. Sa particularité : la morale y prend beaucoup plus de place que la description de la bête.

Traduit dans de nombreuses langues, il a nourri les bestiaires du Moyen Âge. La notice de Wikipédia sur le bestiaire définit celui-ci comme « un manuscrit du Moyen Âge regroupant des fables et des moralités sur les “bêtes” ». Philippe de Thaon, Guillaume le Clerc de Normandie, Pierre de Beauvais et Richard de Fournival ont chacun écrit le leur.

Le bien contre le mal, en images

Pour les auteurs de ces livres, l’animal est une création divine, donc un message à déchiffrer : un sens spirituel ou moral se cache derrière chaque bête. Selon la page de la BnF consacrée au bestiaire, une « symbolique complexe » s’est développée autour des animaux de la Bible, « dans laquelle les animaux incarnent souvent l’affrontement entre le bien et le mal ». Ces ouvrages, « destinés à l’édification des chrétiens », prêtent aux bêtes des personnalités et des sentiments comparables à ceux des hommes.

Le partage est net. Le lion, l’aigle, le cerf ou la panthère peuvent représenter le Christ. Le loup, le renard, le singe ou le dragon passent du côté du diable. Quant au phénix, qui renaît de ses cendres, il devient « le symbole même de la résurrection ». Ces images ont été sculptées dans la pierre des églises, peintes dans les manuscrits, tissées dans les tapisseries. Et l’expression est restée : on dit toujours d’un projet qui repart qu’il renaît de ses cendres.

Les fables : des animaux pour parler des hommes

Le deuxième grand réservoir de symboles, ce sont les fables. Quand Jean de La Fontaine publie son premier recueil en 1668, il le dédie au Dauphin, alors âgé de sept ans. Il annonce son projet dès les premières pages : « Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. »

La Fontaine n’invente pas tout. Il puise chez Ésope et Phèdre, dans l’Antiquité, et jusque dans le Pañchatantra, un recueil venu de l’Inde. Chaque animal y tient un rôle que tout le monde reconnaît :

  • le renard, la ruse ;
  • le lion, la force ;
  • l’agneau, l’innocence ;
  • la tortue, la persévérance.

Ces rôles ne disent rien de la vraie vie d’un renard. Ils disent ce que les humains ont décidé de lui faire porter. La tortue du Lièvre et la Tortue en donne un bel exemple : sa morale, « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point », a fait d’un animal lent une image de constance. Vous trouverez ses autres visages, de l’Inde au Japon, dans notre article sur ce que représente la tortue.

« Animal totem » : ce que le mot voulait dire au départ

L’expression « animal totem » sert aujourd’hui à parler d’un guide personnel, un animal dont on se sent proche. Le mot a pourtant une histoire bien plus précise.

Il vient d’un mot ojibwé, ototeman ; l’ojibwé est une langue algonquienne d’Amérique du Nord. En 1791, John Long l’emploie pour désigner « un esprit bienveillant qui protège les hommes ». Pour les ethnologues, le totem est surtout l’affaire d’un groupe. Dans la définition d’Anne Stamm reprise par la notice Wikipédia sur le totémisme, c’est « un animal, un végétal, voire un objet fabriqué » considéré comme le parrain du groupe, ou même de l’individu, et comme « son père, son patron ou son frère ».

Le totémisme désigne ainsi une façon d’organiser un clan ou une tribu autour de ce lien. Émile Durkheim l’étudie en Australie en 1912 ; en 1962, Claude Lévi-Strauss n’y voit plus qu’« une unité artificielle » ; Philippe Descola le redéfinit en 2005.

Se choisir seul un animal totem, comme un guide intime, est une démarche personnelle, distincte du totémisme décrit par les ethnologues. Si un animal vous accompagne depuis l’enfance, vous pouvez lui donner ce rôle. Sachez seulement que ce choix vous appartient : il ne fait pas de vous le membre d’un clan.

Petit bestiaire : ce que symbolisent les animaux que l’on aime porter

Broche éléphant en résine gris marbré, tête et trompe noires pailletées, oreille blanche nacrée
L'éléphant de la boutique, trompe relevée.

Voici six animaux que l’on croise souvent en bijou, avec le sens le mieux documenté de chacun. À chaque fois, un article du blog va plus loin.

Le chat, chance ou malheur selon le pays

Dans l’Égypte ancienne, le chat est associé à Bastet, déesse protectrice du foyer. Dans l’Europe médiévale, le chat noir est lié à la sorcellerie et au malheur. Au Royaume-Uni, au contraire, il passe pour un bon présage. Au Japon, le maneki-neko invite la chance à entrer. Le chat change souvent de camp : impossible de lui coller une seule étiquette.

Le chien, la fidélité jusqu’au bout

Dans l’Odyssée, le chien Argos reconnaît Ulysse après vingt ans d’absence. Au Japon, Hachikō a attendu son maître à la gare de Shibuya de 1925 à 1935. Le chien garde aussi les seuils : en Égypte, Anubis est le maître des nécropoles, et chez les Grecs, Cerbère garde les portes des Enfers. Fidélité, protection, passage : la symbolique du chien tient en ces trois mots.

La chouette et le hibou, savoir ou mauvais présage

À Athènes, la chouette est l’attribut d’Athéna, déesse de la sagesse, et figure sur les pièces de monnaie de la cité. À Rome et au Moyen Âge, son cri annonçait plutôt la mort. Au Japon, sa réputation change même selon l’espèce. Cet oiseau de nuit porte donc deux réputations à la fois, que nous détaillons dans notre article sur la chouette. Pour les distinguer : le hibou a des aigrettes, ces plumes dressées comme des oreilles, la chouette n’en a pas.

L’éléphant, la mémoire et les obstacles levés

Dans l’hindouisme, Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, est celui qui écarte les obstacles. Dans le récit bouddhiste, un éléphant blanc apparaît en rêve à la reine Maya pour annoncer la naissance du Bouddha. Et la fameuse mémoire ? Elle a été observée. En 1993, lors d’une sécheresse en Tanzanie, des chercheurs ont vu les matriarches les plus âgées mieux guider leur groupe. Ils ont rapproché ce comportement d’une sécheresse plus ancienne, que ces femelles avaient déjà traversée. L’étude est racontée dans la symbolique de l’éléphant.

La tortue, le temps long

Lente, abritée sous sa carapace, la tortue parle de durée. En Inde, Kurma, deuxième avatar de Vishnou, prend la forme d’une tortue pour soutenir la montagne Mandara. Au Japon, un dicton affirme que « la grue vit mille ans, la tortue dix mille ». Longévité, patience, stabilité : ses significations se ressemblent d’un continent à l’autre.

Le serpent, la peau qui se renouvelle

Le serpent mue plusieurs fois par an et sort de sa vieille peau : de là vient son lien avec la renaissance. Il est aussi lié au soin. Le bâton d’Asclépios, avec un seul serpent enroulé, est l’emblème de la médecine, à ne pas confondre avec le caducée d’Hermès, qui porte deux serpents et des ailes. Mais dans la Genèse, il est le tentateur. Un animal à double visage, que nous suivons dans la symbolique du serpent.

Les petites bêtes ont leurs récits elles aussi : l’abeille, du travail au pouvoir, dans l’histoire du symbole de l’abeille, et le papillon dans le symbolisme du papillon.

Documenté ou croyance : comment faire le tri

Face à une signification trouvée en ligne, trois questions suffisent :

  1. Qui le dit, et depuis quand ? Un texte ancien, une fable datée ou un manuscrit conservé pèsent plus lourd qu’une liste anonyme.
  2. Dans quelle culture ? Le chat noir porte malheur ici et bonheur ailleurs : un sens n’est jamais universel.
  3. Est-ce un fait ou une lecture ? Que le serpent mue, chacun peut l’observer. Qu’il annonce un renouveau dans votre vie, c’est une interprétation.

Ce qui est documenté et ce qui relève de la croyance ne s’opposent pas pour autant. Les bestiaires eux-mêmes mêlaient observation et morale. Un symbole n’a pas besoin d’être prouvé pour toucher quelqu’un. Il suffit de savoir d’où il vient pour le choisir en connaissance de cause.

Offrir un animal qui a du sens

Broche chien bouledogue en acier de couleur dorée, émail gris et poitrine noire, posée sur un fond bleu marine
Le chien stylisé, gris et noir sur un acier de couleur dorée.

Un animal en bijou se porte mieux quand on connaît son histoire. Quelques idées, selon la personne :

  • un chien pour une amitié fidèle, ou pour quelqu’un qui aime son compagnon à quatre pattes ;
  • une chouette ou un hibou pour une personne qui étudie, enseigne ou aime apprendre ;
  • un éléphant pour un nouveau départ, en clin d’œil à Ganesh qui écarte les obstacles ;
  • une tortue pour un anniversaire qui compte, en écho à sa longévité ;
  • un chat pour souhaiter bonne chance, en précisant sur une carte de quelle tradition vous parlez.

Dans notre bestiaire de broches, trois modèles illustrent ce petit guide. Le hibou fleuri, en acier de couleur dorée, mêle des émaux brun, crème, rouge, vert et bleu. L’éléphant en résine, au corps gris marbré, porte une tête et une trompe noires pailletées et une oreille blanche à effet nacré. Le chien stylisé associe le gris et le noir à un acier de couleur dorée. Tous trois tiennent grâce à une fixation aimantée. Et si vous cherchez un autre motif, toutes les broches fantaisie de Ma Broche vous attendent sur la page d’accueil.

La symbolique des animaux en résumé

D’un animal à l’autre, voici ce qu’il faut retenir :

D’où viennent quelques symboliques animales
AnimalSens le plus documentéD’où il vientNature de l’information
ChatChance ou malheur selon le paysBastet, maneki-neko, superstitions européennesRécits et usages, variables selon la culture
ChienFidélité, protection, passageArgos, Hachikō, Anubis, CerbèreRécits antiques et fait historique
Chouette, hibouSagesse, ou mauvais présageAthéna, croyances romaines et médiévalesRécits et croyances anciennes
ÉléphantObstacles levés, mémoireGanesh, rêve de Maya, étude d’éléphantes face à une sécheresse (Tanzanie, 1993)Récits religieux et étude scientifique
TortueLongévité, persévéranceKurma, dicton japonais, La FontaineRécits et fable
SerpentRenaissance, soin, tentationMue, bâton d’Asclépios, GenèseObservation et récits
PhénixRésurrectionBestiaires du Moyen ÂgeSymbole religieux médiéval
Animal totem personnelGuide intimeUsage d’aujourd’huiCroyance personnelle

Un animal ne dit jamais une seule chose. Il porte ce que des siècles d’histoires ont déposé sur lui, et ce que vous déciderez d’y ajouter.

Questions fréquentes

Quel est le premier animal décrit dans le Physiologus ?▾

Le lion. Présenté comme le « roi des animaux », il ouvre le Physiologus, ce recueil grec qui a inspiré les bestiaires du Moyen Âge.

Pourquoi le pélican représente-t-il le Christ au Moyen Âge ?▾

On croyait alors que le pélican s’ouvrait le ventre pour faire revivre ses petits avec son sang. Les bestiaires en ont fait une représentation du Christ.

Quel animal imaginaire est le plus cité au Moyen Âge ?▾

La licorne. La notice Wikipédia consacrée au bestiaire la présente comme « l’animal imaginaire le plus important et le plus souvent mentionné du Moyen Âge ».

Combien de fables Jean de La Fontaine a-t-il écrites ?▾

243 fables, réparties en trois recueils : le premier en 1668, le deuxième en 1678 et 1679, le dernier en 1694.

Où voir des bestiaires anciens à Paris ?▾

La Bibliothèque nationale de France consacre une exposition, « Histoires d’animaux », aux représentations animales du Moyen Âge à nos jours, dans la galerie Mazarin de son site Richelieu. Manuscrits, estampes et dessins y sont présentés. Pensez à vérifier les dates sur le site de la BnF avant de vous déplacer.

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