Chat porte-bonheur : maneki-neko, chat noir et symbolique

Pourquoi le chat porte-t-il bonheur ? Patte levée et couleurs du maneki-neko, chat noir selon les pays, Bastet, Freyja et le Chat botté, et des idées pour l’offrir.
Le chat porte-bonheur le plus célèbre est le maneki-neko, ce petit chat japonais assis qui lève une patte pour « inviter » la chance, les clients et la prospérité. Mais le chat porte chance bien au-delà du Japon : associé à la déesse Bastet dans l’Égypte ancienne, attelé au char de la déesse Freyja chez les Scandinaves, il passe même pour un bon présage en Grande-Bretagne lorsqu’il est noir. En France, la réputation du chat noir a longtemps été plus sombre. Tout dépend donc du pays, de la couleur et du geste. Voici comment lire ces symboles, d’où ils viennent, et comment offrir un chat porte-bonheur qui ait du sens.
Le maneki-neko, le chat porte-bonheur japonais
Son nom signifie littéralement « chat qui invite » : maneki vient du verbe maneku, faire venir, et neko désigne le chat. On le voit à l’entrée des boutiques et des restaurants, souvent en céramique, parfois avec une patte mobile. En France, on l’appelle volontiers « chat chinois », parce que la version dorée à patte mobile est très présente dans les commerces asiatiques. La figurine est pourtant bien née au Japon, à l’époque d’Edo.
Une légende née dans un temple de Tokyo
Le récit le plus connu se déroule au temple Gōtoku-ji, dans l’arrondissement de Setagaya, à Tokyo. Au XVIIe siècle, Ii Naotaka, seigneur du fief de Hikone, rentre d’une chasse au faucon lorsqu’un chat assis devant le portail du temple semble lui faire signe d’entrer. À peine est-il à l’abri qu’un violent orage éclate. Reconnaissant, le seigneur devient le protecteur du temple, reconstruit en 1633 grâce à son soutien, comme le raconte le site officiel du temple Gōtoku-ji.
Les visiteurs y déposent aujourd’hui des milliers de figurines blanches pour remercier d’un vœu exaucé. Particularité : le chat de Gōtoku-ji lève la patte droite et ne tient aucune pièce. Selon l’enseignement du temple, il fait venir les rencontres, et c’est à chacun d’en faire une chance.
D’autres lieux revendiquent la naissance du maneki-neko, comme le sanctuaire d’Imado, dans le quartier d’Asakusa. Parmi les premières traces écrites figure la chronique d’Edo Bukō nenpyō (1852) ; la même année, une estampe d’Utagawa Hiroshige, Jōruri-machi hanka no zu, montre des chats en céramique vendus au temple Sensō-ji.
Patte gauche ou patte droite ?
Selon la lecture la plus répandue, la patte droite levée attire l’argent et la chance, tandis que la patte gauche attire les clients et les visiteurs. Certains affirment l’inverse, et il existe des chats qui lèvent les deux pattes.
Ce que disent les couleurs du maneki-neko
À l’origine blancs ou noirs, les maneki-neko se déclinent aujourd’hui dans toutes les teintes, chacune avec son intention :
| Couleur | Ce qu’on lui associe |
|---|---|
| Tricolore (blanc, noir et roux) | La plus populaire, réputée la plus porte-bonheur |
| Blanc | La pureté, la chance et la prospérité en général |
| Noir | La protection contre le mauvais sort et la sécurité du foyer |
| Rouge | La santé ; on le disait capable d’éloigner la maladie |
| Doré | La richesse et la réussite financière |
| Vert | La réussite dans les études |
| Rose | L’amour et les relations, une lecture plus récente |

Ces correspondances, en partie inspirées du feng shui, varient d’un vendeur à l’autre : prenez-les comme des repères, pas comme une règle. Au Japon, le chat qui invite a même sa fête : le Japan Maneki Neko Club a choisi en 1995 le 29 septembre, car la date peut se lire kuru fuku, « le bonheur arrive ». En 2007, la petite gare de Kishi, dans la préfecture de Wakayama, a nommé cheffe de gare une chatte tricolore, Tama, surnommée le « maneki-neko vivant » : la ligne, menacée de fermeture, a retrouvé des voyageurs.
Chat noir : porte-bonheur ou porte-malheur ?
Réponse courte : cela dépend d’où vous venez. Le chat noir qui fait encore frissonner certains Français passe plutôt pour un signe de chance de l’autre côté de la Manche.
En France, une réputation longtemps suspecte
En Europe, à partir du Moyen Âge, le chat noir est associé à la nuit, à la sorcellerie et au diable. C’est de là que vient la superstition toujours vivace : un chat noir qui croise votre chemin annoncerait un malheur. Le folklore français connaît pourtant un chat noir qui enrichit son maître : le matagot de Provence, appelé chat d’argent en Bretagne et mandragot en Gascogne. À condition de recevoir la première bouchée de chaque repas, il rapporterait chaque matin des pièces de monnaie. Le folkloriste Paul Sébillot a recueilli ces croyances au début du XXe siècle dans Le Folk-lore de France.
Le chat noir a aussi conquis Paris. En 1881, Rodolphe Salis ouvre à Montmartre le cabaret du Chat Noir, et l’affiche de Théophile-Alexandre Steinlen, Tournée du Chat Noir (1896), reste une icône de la Belle Époque.
Au Royaume-Uni et au Japon, un signe de chance
En Grande-Bretagne, croiser un chat noir passe plutôt pour un bon présage. A Dictionary of Superstitions, d’Iona Opie et Moira Tatem (Oxford University Press, 1989), recense de nombreuses croyances britanniques en ce sens, parfois contradictoires d’une région à l’autre. Au Japon, on l’a vu, le maneki-neko noir est censé protéger la maison et éloigner le mauvais sort.
En Italie et en Belgique, des fêtes pour réhabiliter le chat
En Italie, l’agence de presse ANSA parle d’« un préjugé qui a la vie dure ». L’association AIDAA (Associazione Italiana Difesa Animali ed Ambiente) y promeut chaque 17 novembre une journée du chat noir, contre les superstitions et pour la protection des chats noirs. La date n’a rien d’un hasard : en Italie, c’est le 17, et non le 13, qui porte malheur.
À Ypres, en Belgique, le Kattenstoet rappelle une histoire plus sombre. Pendant des siècles, on a jeté des chats vivants du haut du beffroi de la halle aux draps ; selon un reportage de la radiotélévision flamande VRT, le dernier lancer de chats vivants a eu lieu en 1817, comme l’a noté le premier archiviste de la ville. Depuis 1938, le bouffon de la ville lance des chats en peluche, et un grand cortège félin, né en 1955, défile tous les trois ans, le deuxième dimanche de mai : le site officiel du Cortège des Chats en annonce la prochaine édition.



Le chat, animal sacré et porte-chance dans l’histoire
Bien avant les figurines japonaises, le chat avait déjà ses fidèles.
En Égypte ancienne, le chat de Bastet
Dans l’Égypte ancienne, le chat protège les greniers des rongeurs et est associé à Bastet, déesse protectrice du foyer, des femmes et des naissances, souvent représentée avec une tête de chat. Son grand sanctuaire se trouvait à Bubastis, dans le delta du Nil. L’historien grec Hérodote raconte au livre II de ses Histoires (Ve siècle avant notre ère) que les habitants d’une maison se rasaient les sourcils à la mort de leur chat, et que l’animal était embaumé. Au British Museum, à Londres, le célèbre chat Gayer-Anderson, un bronze daté d’environ 600 avant notre ère, représente la déesse sous la forme d’un chat assis.
Freyja, le Chat botté et les autres
Dans la mythologie nordique, la déesse de l’amour Freyja voyage sur un char tiré par deux chats, selon l’Edda en prose de Snorri Sturluson (vers 1220). En France, le chat porte-bonheur le plus populaire est peut-être un personnage de conte : dans Le Maître Chat ou le Chat botté, publié par Charles Perrault en 1697, un chat rusé fait la fortune du plus jeune fils d’un meunier, qui n’avait hérité de rien d’autre que de lui.
Le chat n’est pas le seul animal à qui l’on prête ce pouvoir. La coccinelle, l’éléphant ou la tortue ont eux aussi leurs croyances, et c’est ce qui donne du sens aux animaux symboliques à porter en broche : chacun porte sa propre croyance.
Que symbolise le chat aujourd’hui ?
Au-delà de la chance, le chat réunit plusieurs symboles que l’on retrouve d’une culture à l’autre :
- L’indépendance : il choisit ses amis, et c’est souvent ce que l’on admire chez lui.
- La protection du foyer : un héritage de son rôle de chasseur de souris dans les greniers et les boutiques.
- Le mystère et l’intuition : animal du crépuscule, il voit dans la pénombre.
- L’agilité : on dit de quelqu’un qui se tire d’un mauvais pas qu’il « retombe sur ses pattes ».
Chacun de ces sens peut guider un choix : un chat paisible pour celle qui aime son cocon, un chat noir pour celle qui se moque des superstitions. C’est aussi une bonne façon de choisir parmi nos broches en forme de chat : partez du trait de caractère que vous voulez offrir.
Offrir un chat porte-bonheur
D’après les volumes de recherche Google, c’est en décembre que l’on s’intéresse le plus au chat porte-bonheur en France. Pour qu’il touche vraiment, partez de la personne plutôt que de l’objet :
- pour une amie qui ouvre une boutique ou se lance à son compte, un maneki-neko patte gauche levée, celui qui attire les clients ;
- pour accompagner un vœu de santé, la tradition japonaise associe le rouge à la protection contre la maladie ;
- pour une amoureuse des chats, un porte-bonheur qu’elle gardera sur elle plutôt qu’un bibelot de plus ;
- et dans tous les cas, un petit mot qui explique le symbole.
Si vous hésitez encore, notre guide pour choisir une broche à offrir à une femme vous aide à partir de ce qu’elle porte déjà.
Garder son chat porte-bonheur près de soi
Un maneki-neko reste sur l’étagère ; un chat que l’on porte vous suit partout. C’est tout l’esprit des broches fantaisie de Ma Broche : un porte-bonheur discret, posé sur le revers d’un manteau, sur un pull ou sur un sac.

Côté teintes, le doré rappelle le maneki-neko de la prospérité, l’argenté accompagne les gris et les bleus de l’hiver, et le doré rosé réchauffe un manteau camel ou une maille crème. La plupart de nos chats se fixent avec un aimant, ce qui évite de percer un cachemire ou une laine fine. Pour un effet plus doux, un petit chat posé sur un foulard noué fonctionne très bien : suivez nos conseils pour fixer un foulard avec une broche sans tirer sur le tissu.
En résumé
Le chat porte-bonheur par excellence est le maneki-neko japonais : patte droite pour la fortune, patte gauche pour les clients, et une couleur pour chaque vœu. Le chat noir, lui, passe pour un bon présage en Grande-Bretagne et, sous les traits du maneki-neko noir, est censé éloigner le mauvais sort ; sa mauvaise réputation en France ou en Italie vient surtout des superstitions héritées du Moyen Âge. De Bastet au Chat botté, le chat reste l’un des symboles les plus riches à offrir comme à s’offrir.
Questions fréquentes
Où placer un maneki-neko chez soi ?▾
La tradition le place près de l’entrée, tourné vers la porte, puisqu’il est là pour « inviter » la chance et les visiteurs. Dans un commerce, on le met en vitrine ou près de la caisse. L’essentiel est qu’il soit bien visible depuis l’entrée.
Pourquoi le maneki-neko porte-t-il un collier rouge et une clochette ?▾
Ce détail viendrait de l’époque d’Edo : les familles aisées, pour qui un chat coûtait cher, lui passaient un collier de tissu rouge orné d’une clochette, à la fois pour le parer et pour l’entendre arriver. Les figurines ont gardé cette coquetterie.
Que signifie l’inscription sur le ventre ou la pièce du maneki-neko ?▾
Sur le ventre, on lit souvent le caractère 福, fuku, « bonheur », ou 開運, kaiun, « la chance qui s’ouvre ». La pièce porte fréquemment la mention « dix millions de ryō », une somme fabuleuse à l’époque d’Edo, pour souhaiter une prospérité sans limite.
Existe-t-il une journée internationale du chat ?▾
Oui, le 8 août. Elle a été lancée en 2002 par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et elle est coordonnée depuis 2020 par l’association britannique International Cat Care. C’est l’occasion de parler bien-être animal et adoption.
Peut-on offrir un vrai chat à Noël ?▾
Mieux vaut éviter l’effet surprise. Les associations de protection animale, comme la SPA, déconseillent d’offrir un animal par surprise : adopter un chat engage pour de longues années et doit rester la décision de la personne qui vivra avec lui. Pour Noël, mieux vaut offrir un symbole de chat à garder près de soi.
